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lundi 9 février 2015

VOL DE DROGUE AU QUAI DES ORFÈVRES (FEUILLETON EN x ÉPISODES) - ÉPISODE 1 : LES PREMIERS MOIS DE L'ENQUÊTE

Dans la nuit du 24 juillet 2014, 52,6 kg de cocaïne ont été volés au siège de la police judiciaire (P.J.) de Paris, le fameux "36 quai des orfèvres". 
Cette affaire est riche en rebondissements divers. Nous en suivrons le déroulement ici sous forme d'un feuilleton, dont on ne peut pas encore prévoir le nombre d'épisodes.


Dans la nuit du 24 juillet 2014, 52,6 kg de cocaïne ont été volés au siège de la police judiciaire (P.J.) de Paris. La drogue avait été saisie quelques mois auparavant dans un appartement parisien, et était entreposée dans la salle des scellés "sensible" protégée par une porte blindée. Trois personnes seulement en possèdent les clés. Les autorisations d'accès à cette salle sont chichement accordées.

La valeur "marchande" de cette drogue, est évaluée à plus de trois millions d'euros. 

Très rapidement un suspect a été identifié et écroué : un certain J.G., policier de la brigade des stupéfiants de la PJ. Il serait sorti du  36 quai des orfèvres, dans la nuit du 24 au 25 juillet en portant des gros sacs. Il a été reconnu par une fonctionnaire en faction, identifié également grâce aux caméras de télé surveillance qui surveillent l'entrée et localisé près des lieux du vol, à l'heure présumée de celui-ci, par son téléphone portable.

Selon les premiers éléments de l'enquête, le suspect se serait rendu « sous des prétextes futiles » dans la salle des scellés, avant le vol et il a été trouvé en possession du code d'accès. Quel était le but de cette visite ? Mystère ! Mais c'est une étrange maladresse du suspect : se rendre sur les lieux du vol avant le vol, sans raisons valables (la police n'a pas rendu compte, à ma connaissance, des raisons "futiles" qu'il a fourni, ni à qui il les a fournies). Un collègue de J.G a lui aussi été entendu par la police et placé sous statut de "témoin privilégie". A-t-il facilité à J.G. l'accès à la salle blindée ? On ne le sait pas, mais on sait que son nom figure dans un livre de compte dans lequel J.G tenait la comptabilité des ses mouvements d'argent.

Autre maladresse : Comment J.G. a-t-il pu croire qu'il pouvait sortir inaperçu du siège de la PJ avec des sacs de 52 kg sur le dos ? Il savait évidemment qu'il y avait un fonctionnaire de police à l'entrée et un réseau de télésurveillance. Mystère !

Enfin : comment un policier aguerri peut-il ignorer que l'usage d'un téléphone portable est une précieuse source d'information pour les enquêteurs ?

Cette accumulation de maladresses peut faire surgir une hypothèse (qui n'est qu'une hypothèse) : l'essentiel pour J.K était de faire sortir la drogue et de la remettre à ... on ne sait qui. Une pression (très forte) a-t-elle été exercée sur lui ? Tellement forte qu'il accepte quelques années de prison ? Ou bien, a-t-il été assuré de récupérer, après sa sortie de prison une partie du produit de la vente de la cocaïne ? Dans les deux cas l'affaire prend une autre ampleur et certains enquêteurs ont émis l'hypothèse qu'elle ne pouvait avoir été gérée que par le milieu du grand banditisme.

Toujours est-il que le suspect garde un mutisme total. Le quotidien Le Monde décrit comme suit la garde à vue dans son édition du 8 août 2014 :



"Les quatre-vingt-seize heures de garde à vue de Jonathan G. n'ont pas permis aux enquêteurs de l'Inspection générale de la police (IGPN) de progresser de façon spectaculaire dans leurs investigations, tant le brigadier est au fait de la procédure et s'est montré peu coopératif. A ses collègues policiers, il a ainsi répété qu'il ne dirait rien durant sa garde à vue et réservait ses déclarations au juge. Il a également refusé de se soumettre à un test de dépistage de consommation de stupéfiants. « Il connaît suffisamment bien le métier pour savoir qu'il vaut mieux se taire en garde à vue, résume une source policière. Il ne nie pas vraiment, mais ne dit pas que c'est lui. » Menace réelle ou simple stratégie de défense ? Le brigadier a prévenu les enquêteurs durant sa garde à vue dans les locaux de l'IGPN qu'il ne tomberait « pas seul ». Si le principal suspect de cette retentissante affaire qui fait trembler les murs du « 36 » s'est montré peu loquace, les deux juges chargés de l'instruction ont estimé disposer de suffisamment d'indices graves et concordants pour le mettre en examen. [...] Lors de son interpellation à Perpignan tandis qu'il faisait ses courses en famille, les policiers ont trouvé 16 000 euros en liquide dans [le sac à dos de J.B.]. Les perquisitions menées à son domicile parisien ont ensuite permis de découvrir 8 790 euros en liquide et la fameuse « comptabilité » dans laquelle il consignait ses mouvements d'argent. Lui affirme que ces sommes proviennent de ses gains à des jeux en ligne. Son compte en banque est par ailleurs doté de près de 50 000 euros. Le groupe d'intervention régional de Paris, spécialisé dans la lutte contre l'économie souterraine et l'évaluation de patrimoine, a été cosaisi de l'enquête. Il s'intéresse de très près aux sept chambres de bonne et studios que le brigadier possède à Perpignan et qui motivent le chef de « blanchiment » retenu contre lui. Selon une source proche de l'enquête, ni ses revenus ni ceux de sa femme ne justifient ces acquisitions. Une autre source policière précise néanmoins que leur valeur n'a « rien de démesuré », et qu'il les a achetées « en association et en contractant des emprunts ».
On en est donc là à la fin de l'année 2014 (au moins en ce qui concerne les informations rendues publiques) mais les choses s'accélèrent en janvier 2015. 

Le 16 (ou le 19?) janvier 2015, quatre personnes sont mises en examen : l'épouse de J.G, son frère et deux policiers (qui ne travaillent pas à la PJ). A l'exception de la femme du brigadier, tous ont été placés en détention provisoire avec les charges suivantes : 
« blanchiment de trafic de stupéfiants en bande organisée » ; « recel de détournement de biens par personne dépositaire de l'autorité publique » ; « destruction, soustraction, recel d'objets de nature à faciliter la découverte d'un délit ou la recherche de preuve ».

Il est clair que la police a considérablement avancé, bien que l'on ne sache pas exactement quelles sont les preuves ou indices qui ont amené les juges aux charges citées plus.

Les choses vont-elles s'éclaircir ? Non, car des rebondissements vont avoir lieu, qui obscurcissent encore plus l'affaire.Nous verrons cela dans le deuxième épisode de ce feuilleton.


A SUIVRE ...











2 commentaires :

  1. moi je recherche des témoignages pour prouver qu il n est pas coupable

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  2. Dans mes articles sur le sujet je n'ai jamais dit qu'il était coupable.
    Bonne soirée

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