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dimanche 1 novembre 2015

UN POÈME DE JOSÉ MORENO VILLA "CONGOJA"

Josè Moreno Villa (1887-1955) est un poète espagnol à multiples facettes : archiviste, bibliothécaire, poète, écrivain, journaliste, critique d'art, critique littéraire, historien de l'art, documentaliste, dessinateur et peintre. Exilé au Mexique dès le début de la guetrre civile, on considère qu'il constitue une transition entre les auteurs espagnols dits de la "génération de 98" (Antonio Machado, Valle-Inclan, Unamuno etc.) et ceux de la "génération de 27" (Federico Garcia Lorca, Jorge Guillen, Rafael Alberti, etc.).
Soure de l'illustration ici
Qui peut savoir exactement ce qu'a voulu dire un poète ? Mon interprétation du court et beau poème "Congoja" est qu'il traite de la souffrance de la mort, non pas du point de vue de celui qui reste mais de celui de celle qui est partie, ce qui in fine est un transfert de sa propre souffrance. Le poème est suivi d'une tentative (très) personnelle de traduction en Français.

CONGOJA

Súbitamente, 
al bajar la tiniebla, 
te sentí muy lejos, 
en una región indefensa 
y a merced de todas 
las grandes inclemencias. 

Te sentí borrosa 
y plañidera; 
el corazón sin ancla 
y sin vela. 

***

ANGOISSE

Soudain,
À l'heure des ténèbres,
Je t'ai sentie très loin,
Dans une région délaissée,
Et à la merci de toutes les intempéries.

Image floue,
Je t'ai sentie en deuil ;
Le coeur sans voiles
Ni ancre.


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